29.05.2020 | sia online | Communication SIA

«Aimer son métier, c’est s’engager»

Sur quelles problématiques le groupe professionnel Génie civil (BGI) se concentrera-t-il à l’avenir ? Et quel est le rapport entre une délégation d’ingénieurs japonais et ses meilleurs souvenirs en tant que président du BGI ? Entretien avec Patric Fischli-Boson, qui quittera cette fonction fin 2020.

Pourquoi quitter votre poste de président du BGI ?

Entre ma casquette de chef d’entreprise – je suis à la tête d’un bureau d’ingénierie spécialisé dans les structures porteuses – et celle d’enseignant-chercheur à la haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW), je cumule les engagements. Ma charge de travail est telle qu’elle empiète trop sur le temps que je souhaite pouvoir consacrer à ma famille et à mes loisirs, d’où ma décision de renoncer à cette fonction.

Que diriez-vous pour convaincre un-e ingénieur-e de postuler en tant que président du BGI ?

Notre métier est en passe de connaître de profondes transformations du fait de la numérisation, qui impactera notamment les normes, les règlements et le calcul des honoraires. A l’heure où nous nous apprêtons à négocier un virage essentiel, prendre les rênes d’un groupe professionnel œuvrant à la défense des intérêts des ingénieurs est une occasion vraiment unique.

En quoi consiste le travail du ou de la président-e ?

Sa mission est de représenter le deuxième groupe professionnel de la SIA à l’interne comme à l’externe. Il ou elle participe d’une part à des réunions variées qui lui donnent l’occasion de rencontrer des personnes issues d’horizons différents ainsi que de découvrir divers points de vue et thématiques ; il ou elle joue d’autre part un rôle clef dans l’échange interdisciplinaire de connaissances et contribue à la rédaction de prises de position.

Deux raisons de prendre la tête du BGI ?

A mon sens, aimer son métier, c’est s’engager : chaque profession est confrontée à des changements, contribuer à les façonner est enrichissant. Et les échanges entre collègues ainsi qu’entre groupes professionnels sont autant d’occasions de nouer de précieux contacts et d’étendre son réseau.

Cette charge requiert environ 200 heures de travail par an : comment avez-vous réussi à la concilier avec votre emploi ?

Ce fut le plus gros défi, et la raison pour laquelle je ne peux plus assumer cette fonction aujourd’hui. Mais dans le même temps, il ne faut pas voir la présidence du BGI comme l’accomplissement d’un travail, mais d’une passion !

Votre plus beau souvenir en tant que président du BGI ?

J’ai toujours hâte d’être à la prochaine réunion du conseil avec mes collègues, j’apprécie beaucoup ces moments d’échange. Cela vaut également pour les entretiens avec les autorités – par exemple avec les représentants de la Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d’ouvrage publics (KBOB), de l’Office fédéral des routes ou des CFF. Les souvenirs les plus marquants resteront des événements particuliers, tels que l’accueil d’une délégation de journalistes spécialisés japonais intéressés par l’ingénierie suisse. J’ai également apprécié de travailler sur le profil professionnel de l’ingénieur civil et de participer aux discussions au sein du conseil d’ingénierie de l’usic.

A quelles problématiques le groupe professionnel aura-t-il à s’atteler dans les prochaines années ?

Outre la numérisation, je dirais que la question du changement climatique figurera certainement à l’agenda. Les thématiques des honoraires, de la passation des marchés et de la seconde génération des Eurocodes (EC2G) pour les normes sur les structures porteuses seront également à l’ordre du jour, tout comme la question de l’image de notre corps de métier.

Entretien mené par Verena Felber, SIA

Patric Fischli-Boson

Photo: Elena Gwerder Fotografie