16.12.2009
2e conférence des présidents 2009
La réforme de Bologne montre des lacunes, les considérations financières pèsent plus lourd que les aspects culturels du bâti, tandis que la gestion et le développement des infrastructures nationales sont ajournés. Comment contrer ces évolutions défavorables? La question a été débattue lors de la seconde conférence annuelle des présidents.
Selon le président de la SIA, Daniel Kündig, la réforme dite de Bologne a été dictée par des réflexions de politique financière indifférentes au long terme. Comme il l'a expliqué dans le cadre de la seconde conférence des présidents réunie à Zurich les 23 et 24 octobre, les résultats de cette réforme s'avèrent aujourd'hui plus que décevants au niveau national et - en ce qui concerne la branche des études en tous cas - inadaptés aux exigences de la pratique. C'est pourquoi il faut continuer à dénoncer encore plus précisément les lacunes actuelles, afin de réaligner les objectifs politiques avec les besoins des praticiens.
La formation en question
A l'issue de sa première assemblée des délégués, la SIA a publié en avril "Formation pour un aménagement durable de l'espace de vie", où elle détaille sa position en matière de formation et formule cinq exigences pour les filières de l'architecture et des sciences de l'ingénieur. Selon Claudia Schwalfenberg, administratrice des groupes professionnels Architecture et Génie civil et secrétaire de la commission SIA pour la formation, la prise de position a rencontré un écho favorable et a été amplement débattue parmi les architectes notamment. La SIA doit poursuivre ses efforts pour renforcer la conscience que le public a des valeurs culturelles du bâti et susciter dès l'école primaire la curiosité pour les réalités relevant de la construction, des techniques, de l'industrie et de l'environnement. Des jalons ont été posés avec le nouveau stand SIA destiné aux foires des métiers et les brochures consacrées aux professions représentées par la Société. Mais il faut encore et surtout intensifier les échanges avec les écoles et les institutions de formation supérieure, afin d'intégrer au paysage de la formation les exigences et besoins propres à la branche des études et de la construction.
Aptitude aux formations supérieures
D'après Daniel Kündig, l'assurance de la qualité des filières dans les hautes écoles doit être étendue à la formation secondaire supérieure. Envisagée ici ou là, la réduction de la longueur des études gymnasiales pourrait en effet s'avérer délétère pour l'aptitude aux études supérieures, laquelle laisse déjà à désirer actuellement. Le professeur Lorenz Hurni, directeur de l'Institut de cartographie de l'EPFZ et à la tête du Département construction, environnement et géomatique du poly zurichois, aboutit à la même conclusion. Outre la qualité de ses propres voies de formation, L'EPFZ se préoccupe depuis longtemps de l'aptitude aux études des bacheliers. Au cours des dernières années, l'interface gymnases/hautes écoles a ainsi fait l'objet de quatre projets de recherche différents . Selon Hurni, les résultats ont nettement mis en évidence un hiatus croissant entre les deux niveaux, que ce soit à la suite de réformes ou de la raréfaction des échanges personnels entre les institutions. L'EPFZ se prononce donc elle aussi contre la réduction des études gymnasiales, dont il s'agit au contraire de renforcer prioritairement la qualité.
Deux résolutions
Au cours de la seconde journée de la conférence, Daniel Kündig a présenté deux résolutions dans lesquelles la SIA s'élève, d'une part, contre le remplacement sans autre forme de procès d'un pont érigé par Robert Maillard et, d'autre part, contre les nouvelles économies envisagées par le Conseil fédéral dans le domaine des infrastructures. Dans ce dernier document, la SIA appelle l'exécutif fédéral à réexaminer sérieusement le programme de consolidation financière grâce auquel il compte économiser 1,5 milliards de francs entre 2011 et 2013. Elle y explique pourquoi il faut à tout prix éviter de sacrifier la politique suisse en matière d'infrastructures à des considérations financières à court terme. Saluant ces deux résolutions comme des avertissements opportuns lancés par la SIA, les présidents les ont approuvées et elles ont été transmises aux organes concernés.
Projets et élections
Lors de la septième séance annuelle de la direction, qui s'est également tenue le 23 octobre, le secrétaire général de la SIA, Hans-Georg Bächtold, a fait le point sur les préparatifs de la World Engineers' Convention 2011 (WEC 2011). Le 16 octobre 2009, une société faîtière a été créée à Berne pour assurer la publicité, la préparation, l'organisation, l'accompagnement et la publication des résultats de cette manifestation. Le conseiller national Ruedi Noser a été élu à la présidence de la nouvelle société, le professeur EPFL Daniel Favrat prend la direction du comité de programmation et Hans-Georg Bächtold en sera l'administrateur. Le secrétariat de la société a été relogé dans les locaux de la SIA à Zürich et, début novembre, une délégation s'est rendue au Koweit pour diffuser aussi largement et aussi tôt que possible les grandes lignes du programme établi en vue de cette conférence mondiale qui se tiendra à Genève. En 2010, la direction soutiendra la "15n de l'architecture contemporaine" à hauteur de 40'000 francs en reconnaissance de la qualité et du rayonnement national croissant de la manifestation. Après avoir gagné une première section alémanique avec la participation de Berne l'an dernier, l'édition 2010 s'étendra en effet aux sections argovienne et soleuroise et à la Suisse italienne avec la section tessinoise. La prochaine "15n" se déroulera de fin avril à début mai 2010. Enfin, la direction propose Adrian Altenburger comme nouveau président de la commission centrale des normes et règlements (ZNO/CNR) et donc aussi comme nouveau membre en son sein. Ingénieur CCV âgé de 46 ans, il bénéficie d'une large expérience internationale et occupe les fonctions de membre de la direction, partenaire et administrateur de Amstein & Walthert à Zurich. Il succèdera à Peter Rapp qui présente sa démission à l'assemblée des délégués de fin novembre.
Thomas Müller, responsable RP/Communication SIA
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