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04.07.2007

Efficience énergétique dans le bâtiment


Selon la SIA - qui rejoint sur ce point la position du Conseil fédéral -, la mesure prioritaire pour assurer l'avenir de notre approvisionnement énergétique est d'en accroître l'efficience. Dans cette perspective, le secteur du bâtiment offre des potentiels d'amélioration importants. D'éminents experts de la Société ont donc récemment présenté les objectifs de performance et le certificat énergétique des bâtiments envisagés par la SIA à la sous-commission chargée de la politique énergétique pour la CEATE du Conseil des États. Bâtiments et infrastructures sont très gourmands en énergie : ils engloutissent près de la moitié de l'énergie thermique consommée dans notre pays, ce qui équivaut à quelque 25% de la consommation totale. Or dans ce domaine précis, il existe encore d'énormes marges d'accroissement des performances. Représentée par son président, Daniel Kündig, et par Charles Weinmann, président de sa commission sectorielle des normes pour l'énergie dans le bâtiment, la SIA a saisi l'occasion de faire valoir sa longue expérience et ses compétences en la matière en exposant sa position sur ce dossier devant la commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE) du Conseil des États à mi-avril.

Train de mesures pour une efficacité énergétique accrue

Il importe d'abaisser la demande en énergie et d'optimaliser la couverture des besoins. Cela implique de favoriser autant que possible des agents énergétiques renouvelables et performants. La SIA propose de se baser sur ses normes pour renforcer peu à peu les exigences légales minimales en matière de consommation énergétique des bâtiments. Elle se déclare prête à collaborer avec l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) pour élaborer des normes spécifiques à ce domaine, afin de faciliter les calculs et de chiffrer le rendement des investissements destinés à accroître l'efficacité énergétique. Il s'agit par ailleurs de compléter les mesures d'efficience prises par Énergie Suisse avec des incitations économiques et des offres de formation. Ce n'est qu'à cette condition que le potentiel d'amélioration existant pourra être suffisamment exploité. Quant à l'initiative des " Objectifs de performance énergétique SIA " - en collaboration avec d'autres associations spécialisées dans les installations du bâtiment -, elle doit venir renforcer le transfert technologique vers leurs membres et les professionnels concernés, ainsi que la gestion des connaissances dans le domaine énergétique.

Incitations conformes au marché

Pour la SIA, le grand défi réside essentiellement dans le renouvellement du patrimoine bâti existant. Celui-ci recèle en effet un extraordinaire potentiel d'optimisation qu'il s'agit de mettre à profit au cours des années à venir. Les opérations de rénovation intégrale en vue d'atteindre des standards énergétiques définis doivent donc bénéficier de mesures incitatives conformes à la réalité du marché. Cela peut prendre la forme d'allègements fiscaux, de redistribution par le biais du calcul des loyers et des émissions de CO2, d'une taxation énergétique ou encore d'un bonus dit d'exploitation prolongée. Dans son travail normatif actuel, la SIA accorde déjà une importance accrue aux aspects s'appliquant à la rénovation d'immeubles et aux installations techniques du bâtiment.

Assurer la comparabilité de l'offre

Pour les bâtiments, un certificat énergétique unifié et valable dans toute la Suisse pourrait constituer un véritable stimulant de performance. Il constituerait en effet un étalon de valeur susceptible d'améliorer la transparence du marché en matière de produits, systèmes et prestations énergétiques. Les maîtres de l'ouvrage bénéficieraient d'une bien meilleure information sur les multiples possibilités et avantages d'une construction efficiente sur le plan énergétique. La SIA est en train de définir les bases d'un tel certificat. Elle envisage également de le publier sous le label SIA, en étroite collaboration avec la Confédération et les cantons, afin de lui assurer l'unicité et la crédibilité requises. Les questions qui demeurent ouvertes concernent la place à accorder dans la réflexion aux comportements des usagers - un facteur à prendre en compte du point de vue de la SIA -, la nature obligatoire ou optionnelle du certificat en question, ainsi que son application à la Suisse entière ou selon des modalités cantonales différenciées. Pour le moment, les directeurs cantonaux de l'énergie se déclarent en faveur d'un certificat facultatif qui n'intègre le comportement des usagers que de façon marginale.

Les concepteurs comme ambassadeurs de l'efficacité

Le souci des rendements énergétiques fait partie des prestations offertes par les bureaux d'étude. Même si le maître de l'ouvrage ne l'exige pas expressément, ses mandants doivent lui en exposer les avantages et lui soumettre des propositions correspondantes. La SIA oblige ses membres à fournir des solutions complètes, durables et donc également performantes à tous points de vue sur le plan énergétique. Dans ce rôle d'ambassadeurs de l'efficacité, les projeteurs assument une mission essentielle. Ils fournissent ainsi des prestations qui, complétées et développées, peuvent devenir de véritables avantages concurrentiels. A côté des compétences offertes par le concepteur en matière de solutions performantes, les informations et les connaissances dont dispose le mandant jouent aussi un rôle décisif, et elles se trouveraient consolidées par une nouvelle norme établissant des indices énergétiques chiffrés.

Une réflexion globale est indispensable

Cela étant, et même si le politique tend parfois à en réclamer, il n'existe pas de réponses simples et de solutions toutes prêtes. On souhaite par exemple disposer de barèmes de coûts fixés pour un assainissement énergétique efficace. Pour certains élus, ils fourniraient en effet des bases pour l'examen d'allègements fiscaux ou d'autres mesures d'incitation. Or en matière d'efficacité énergétique, cette manière d'aborder le problème ne convient pas aux objectifs poursuivis. Pour la SIA, l'action durable - qui intègre le souci d'efficience énergétique - commence par la volonté d'engager une réflexion globale et d'élargir le contexte. La prise en compte exclusive de facteurs sectoriels ne débouche pas sur des solutions durables et ne correspond pas davantage aux besoins de construction actuels. Les aspects énergétiques ne constituent qu'un volet d'une approche qui en englobe beaucoup d'autres concernant l'économicité d'un ouvrage et son exploitation optimalisée pour les propriétaires, soit des questions relatives au bruit et à la protection de la santé, des considérations de nature sociale ou architecturale, notamment. Au-delà de sa consommation énergétique primaire, il suffit en effet de considérer l'énergie grise engloutie dans un immeuble et la mobilité qu'il induit pour se convaincre que le débat devrait impérativement être élargi aux objectifs de l'aménagement du territoire et de la qualité architecturale. Préconiser l'efficience en matière d'énergie, sans ouvrir la discussion aux réalités politiques et techniques propres au territoire suisse n'a guère de sens. Reste à trouver comment aborder ces tâches complexes, tout en délivrant les messages clairs que les pouvoirs publics et les maîtres de l'ouvrage appellent de leurs vSux.

Thomas Müller, responsable RP/Communication SIA